POURQUOI UN FESTIVAL DE PHOTOGRAPHIE SOCIALE
A SARCELLES ?
Il s’agit de renvoyer de Sarcelles une autre image
que celle sempiternellement ressassée par la plupart des médias : il faut
renverser la vapeur et utiliser les handicaps de Sarcelles comme des avantages
en les revendiquant.
La photographie est à la fois :
une activité de loisir universellement répandue,
apte à intéresser un très large public, la plupart des gens réalisant aujourd’hui
des photographies (chacun se sent ou se dit plus ou moins photographe) ;
un moyen d’expression artistique reconnu,
exposé dans les musées, apte à faire rêver, à susciter émotion, trouble,
admiration ;
un moyen d’informer sur l’époque, de témoigner
de son vécu le plus intime, de réfléchir ou de partager.
Sarcelles est une ville jeune, elle est en phase
avec cet art jeune.
Il existe déjà en France plusieurs Festivals photographiques
à vocation nationale et internationale. Chacun participe à l’aura de la
ville où il a été créé et offre :
-
dans
la capitale, le Mois de la Photo et Paris-Photo, où sont essentiellement
présentés des auteurs dont la notoriété n’est plus à établir.
-
des
Festivals de photo de voyage (« Chroniques Nomades » à Honfleur, « Terres
d’Images » à Biarritz, « Itinéraires des Photographes Voyageurs » à Bordeaux),
-
de
grands Festivals de reportage avec Visa pour l’Image à Perpignan,
-
des
Festivals de création avec les Rencontres Internationales de la photographie
en Arles ou le Printemps de Septembre à Toulouse,
-
des Festivals comportant une dominante thématique
marquée, comme le prix Bayeux des correspondants de guerre " et " L'oeil
-en Seyne " de la Seyne -sur -mer avec un net souci écologique,
-
des
Festivals d’envergure plus modeste et aux contours moins définis fleurissent
un peu partout en province, avec souvent des programmes de bonne qualité
comme la Quinzaine Photographique de Cholet, les Photofolies à Rodez,
Sténopé à Clermont-Ferrand, etc.
Sarcelles se doit absolument de se démarquer
de ces autres Festivals, mais ne peut pas renoncer à frapper fort car
la proximité immédiate de Paris a tendance à estomper tout ce qui
pourrait survenir à sa périphérie. C’est donc une véritable gageure que
de monter un événement fort et original dans ces conditions à la base défavorables,
d’autant que nous disposons de peu de lieux adaptés à l’organisation
d’une opération d’ampleur.
Néanmoins, Sarcelles est une cité vivante, active
et populaire : l’idée de « photographie sociale » colle bien avec l’image
de Sarcelles. C’est un moyen de transformer son handicap de « cité
défavorisée » en un avantage : revendiquer sa différence pour en faire
une force.
La ville elle-même est de plus en plus représentée
dans des films d’auteur qui recueillent attention, sympathie et succès.
Elle doit, au fil des années à venir, devenir un vaste théâtre témoignant
de la fertilité de l’approche humaniste dans le champ de la photographie
contemporaine. Les habitants pourront s’interroger ou s’émerveiller face
à la diversité des regards présentés.
Pour résumer, il nous faut donc :
- Changer le visage de la ville en la transformant
en théâtre de la photo, en la parant de mille et une images.
- Créer une ouverture d’esprit de la population
sur sa condition sociale, donner à réfléchir, voire à agir. La photo présente
un intérêt pour le développement en particulier du regard des jeunes d’un
point de vue artistique mais aussi critique.
- Montrer Sarcelles sous un jour nouveau, en-dehors
des clichés habituellement repris par les médias, faire valoir le dynamisme
de ses habitants, provoquer chez eux un sentiment de fierté.
- Créer un évènement au niveau national, en faire
un pôle d’attraction.
- Permettre
que le Festival de Sarcelles devienne une référence
dans le milieu de la photo d’art, au même titre que d’autres grands festivals
en France.