DIDIER CIANCIA

" La transhumance"

 

 

 

 

 

L'ARTISTE ET SON OEUVRE  

 


“Depuis la nuit des temps, les transhumants sont peut-être les seuls êtres humains fatalement amenés à refuser l'histoire. Pas à y échapper malheureusement. Chaque année, vous entendez, tous les ans depuis des millénaires, qu'il a bien fallu conduire les bêtes aux pâturages d'été et les redescendre aux territoires d'hiver. Il a fallu traverser les pays, pendant des semaines de marche, qu'ils soient amicaux ou hostiles, en bonne fortune ou bien en guerre, coupés de frontières ou séparés de religion. Je ne sais comment les anciens ont fait, mais il a fallu le faire. Ce va-et-vient régulier, ce rythme, cette respiration n'ont jamais été interrompus.”
Jean Blanc, berger transhumant, initiateur des parcs naturels régionaux et des écomusées

Didier Ciancia a photographié le seul parcours de transhumance qui se déroule encore intégralement à pied. Il confirme qu'aujourd'hui, notamment en raison de la trop grande circulation sur les routes, les bestiaux voyagent plus facilement en camion.

Cette occasion rare, il la doit à sa rencontre avec Beaudouin, le berger de la Chau dans le massif du Vercors, qui lui proposa spontanément de le suivre à l'alpage pour photographier.

Connaître la personne la mieux placée pour suivre une transhumance de l’intérieur lui permit de développer son sujet de manière humaniste. Selon ses propres mots, c'est un berger merveilleux, passionné, toujours prêt à expliquer le déroulement des différentes étapes, car il s'agit de la transmission d'un savoir ancestral.

L’éleveur des bêtes collectionne les sonnailles, des colliers en bois cintré qu'il façonne et sculpte lui-même. Chacun produit un son singulier.

Tintements et bêlements habitent les accompagnateurs de l’estive qui, au passage du troupeau, entrent en communion avec les habitants des villages traversés. Empreintes de cette atmosphère merveilleuse, les photographies de Didier Ciancia débordent d'onirisme.

La masse du troupeau fait corps avec la route jusqu'à devenir la route elle-même. Déporté, dans le flux, seul émerge quelquefois le bâton du berger, figure de la vigie au cœur de cette mer laineuse. Quand la pente épouse le mouvement, là ressurgissent les forces telluriques qui parcourent ces vallons depuis la nuit des temps.

La pierre devient mouton, les moutons calcaire. Tout se fond, comme une main caressant la toison.

Peu de choses séparent ces hommes des bêtes. Ils suivent tous leur instinct retrouvé à la saison revenue. Le berger accompagne, assiste lui-même à son spectacle une fois atteint l'alpage.

A la nuit magique du contre-jour, le temps se fait indistinct, mythique.

Stéphane Durieu – fév. 2006

 

CV   

 

De formation initiale peintre et sculpteur, il se forme à la conception et réalisation vidéo (ESRA). Entre 1995 et 1997, il réalise des films et des reportages. Lauréat en 2001 du concours photo de La Halle de Pont en  Royans, il expose au festival « Les Marsiannes » , au Musée Delphinal, à Entr’Arts, aux Voies Off. Et en 2003, aux « 15èmes Rencontres photographiques » de Château Arnoux (lauréat), aux Voies Off à nouveau.

 

SITE INTERNET   

 

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