LE FESTIVAL

 

 

LA VILLE

 

Le Grand Ensemble de Sarcelles aura cette année 50 ans. Il voisine avec un village âgé de plusieurs millénaires. Seule commune de France jumelée avec une localité israélienne et une localité allemande, c’est une ville-symbole : le grand ensemble fut bâti pour tenter de remédier à la crise du logement d’après-guerre et accueillir les rapatriés d'Algérie. Il a longtemps personnifié l'anonymat et le malaise des banlieues, donnant naissance au mot « sarcellite » pour figurer l'ennui des grandes cités-dortoirs.

Dans les médias, quand on évoque Sarcelles, c’est presque toujours pour la dénigrer. Or, cette ville a rarement été observée pour ce qu’elle est vraiment. Dépeinte comme hideuse et affligeante par son architecture soi-disant uniforme et ses longues barres de HLM, elle est au contraire variée dans son habitat et connaît des ambiances chaleureuses, d’une diversité étonnante en raison de la multiplicité des traditions qui s'y côtoient . Elle est multi-communautaire et un exemple de tolérance à méditer : plus de 80 nationalités sont représentées, par le biais des centaines d’associations qui composent la trame d’un tissu social exceptionnel.

 

QU’ENTENDONS-NOUS PAR PHOTOGRAPHIE SOCIALE ?

Par photographie sociale, il faut entendre tout ce qui porte témoignage de notre quotidien. Souvent on considère que l’Histoire s’écrit lors d’événements spectaculaires ou par les actions des « Grands Hommes » dont on ne retient que les hauts faits. Alors que l’Histoire est avant tout la somme de toutes les petites histoires de millions d'individus, au quotidien, loin des projecteurs de l’actualité. C’est cette réalité-là que nous souhaitons montrer au travers des images retenues, qui seront au cœur de la vie et des êtres prétendus « ordinaires ». Les thèmes abordés évoqueront les grands thèmes de l’existence :

 

AIMER avec les mariages et le regard intimiste de Philippe DOLLO (USA) à Brooklyn aux Etats-Unis.

VIEILLIR avec le témoignage de Simone MARTINETTO (Italie) sur sa grand-mère ayant perdu la mémoire.

SOUFFRIR avec les insupportables photographies de Philip Jones GRIFFITHS (ex-président de la prestigieuse agence Magnum) sur les enfants victimes des aspersions de défoliants au Vietnam, 30 ans après la fin des bombardements. En témoigne un terrible livre-réquisitoire chez Trolley, « AGENT ORANGE ».

REVER avec les grands espaces et la transhumance suivie par Didier CIANCIA.

SE LOGER aujourd’hui, avec l’exploration de la France contemporaine sous un angle insolite par Patricia MEAILLE qui explore l’étrange univers de nos chambres à coucher, en la poétique compagnie de François CAVANNA. Les intérieurs brésiliens de Lucia GUANAES (Brésil), les rencontres suédoises de Sylvestre MEINZER (F) et les étonnants Sauts du Lit de Sylvie HUMBERT lui font écho.

MOURIR avec les somptueuses photos de Serge FOUILLET sur les rituels de crémation dans la ville sacrée de Bénarès en Inde.

AVOIR PEUR, avec les prisonniers de Ben GRAVILLE, SE PERDRE avec les étranges personnages, à la lisière de la folie, que nous révèle la jeune Allemande Sibylle FENDT, ou SE RETROUVER dans les bistrots de Robin MARCK.

LUTTER avec les boxeurs du Kénya et les lutteurs du Sénégal, un voyage photographique et poétique dans l’Afrique des héros, par Philippe BORDAS, un ancien habitant de Sarcelles qui a reçu l’an dernier le Prix Nadar, équivalent du Goncourt pour la photographie.

SE SOUVENIR avec le remarquable travail sur la mémoire de la Shoah par un autre Allemand non moins talentueux, Kei MEWES ; avec les photographies de Palestine et d’Israël hier et aujourd’hui par le vieil Arménien Varouj S. ISHKHANIAN et le jeune Canadien Ethan EISENBERG.

ETRE REJETE, avec les photos déchirantes en leur simplicité de Pierre LOUAPRE, et les portraits sensibles et profonds de Thierry OZIL.

SE REVOLTER avec les manifestants de MAI 68 et FRATERNISER avec ceux qui travaillent et qui créent, grâce à CLAUDE DITYVON et son œuvre empreinte d’une rare exigence, dont nous présenterons la très belle recherche intitulée « Et l’homme dans la ville… ». Le Festival lui rendra un hommage tout particulier ainsi qu’à

FLORE-AEL SURUN, la magie du sacré jusqu’au cœur même de la détresse.


 

Énergie, poésie, grandeur d’âme, tout est là.

EN DEUX MOTS, UN FESTIVAL QUI REND HOMMAGE A LA VIE

SOUS TOUTES SES FORMES DANS CE QU’ELLE OFFRE DE PLUS FORT