BEN GRAVILLE

" Les prisonniers"

 

 

 

 

 

L'ARTISTE ET SON OEUVRE  

 

In and out the Old Bailey

L'Old Bailey est la Cour Criminelle Centrale de Grande Bretagne, la plus importante du Royaume.

On y juge des affaires de toute l'Angleterre, du Pays de Gales et de la vaste région de Londres.

Initialement établi en 1539 à côté de la prison de Newgate, il a été reconstruit en 1774. En 1834, le nom de Cour Criminelle Centrale est apparu pour étendre sa juridiction au-delà de la Ville de Londres et du Middlesex pour inclure des certaines parties des comtés voisins. En 1902, les anciens bâtiments et la prison de Newgate ont été démolis pour laisser la place au bâtiment actuel, qui a été inauguré en 1907.

Mes images montrent des prisonniers en détention préventive gardés pendant leurs procès pour crimes. On y voit aussi les gardes de sécurité accompagnant les prisonniers dans les fourgons pendant leur escorte entre la prison et l'Old Bailey.

Les fourgons de sécurité ont d'étroites fenêtres permettant aux prisonniers de regarder au dehors, mais de l'extérieur il est impossible de voir l'intérieur de ces véhicules.

Toutes mes images montrent les réactions de ces prisonniers en préventive à l'appareil photo placé contre ces petites fenêtres. A l'aide du flash, on pénètre à travers la fenêtre dans la petite carlingue où ils sont enfermés.

Le processus de la préventive est long, son histoire est jalonnée de faits sinistres. C'est cette face obscure du droit pénal qui m'a convaincu de réaliser ce reportage.

Le point de départ de ces images est de mettre en relief, à travers l'anonymat forcé des prisonniers à l'écart du public, que ce n'est pas par décision publique mais par une décision prise par les autorités que ces prisonniers en préventive sont potentiellement aliénés.

En photographiant, je me suis rendu compte qu'après le troisième éclair du flash, les prisonniers comprenaient ma démarche et voulaient être dépeints dans leur situation : se couvrant , faisant des gestes grossiers, exposant des parties de leur corps, exprimant des signes d'appartenance à des gangs, montrant des visages étranges ou plaisantant avec l'objectif de l'appareil.

Comme le public ne peut les voir, les prisonniers en préventive frappent souvent sur la fenêtre du fourgon pour attirer l'attention. J'ai enregistré et reçu leurs réactions en images.

Les photos montrent qu'ils veulent être entendus ou vus, mais aussi comment le processus du droit pénal mystifie et intensifie la situation du prisonnier en transit entre la prison préventive et la cour de l'Old Bailey.

Travaillant pour une agence de presse comme photographe spécialisé dans le droit pénal pendant quatre ans, j'ai souvent photographié les fourgons entrant dans l'enceinte de la cour des prisons pour essayer d'entrevoir les personnes connues ou infâmes en procès.

Cette documentation visuelle était destinée aux lecteurs des quotidiens nationaux de Grande-Bretagne et de tout autre pays qui pouvait être concerné.

Réaliser ces images était difficile et hasardeux, le pari d'obtenir des résultats n'étant pas évident, étant donné qu'on ne peut pas voir l'intérieur des fourgons.

A mon sens, continuer mon sujet en photographiant d'autres prisonniers inconnus, c'était se concentrer sur la nature réelle de la condition de ces hommes en préventive, et créer un document sur ces passagers singuliers.

Traduction©Stéphane Durieu, 2006

 

 

 

SITE INTERNET   

 

http://www.bengraville.co.uk