PHILIP JONES GRIFFITHS

" L’agent Orange au Vietnam "

 

 

 

 

 

L'ARTISTE ET SON OEUVRE  

 

AGENT ORANGE

Philip Jones Griffiths, photo-reporter rendu célèbre par son ouvrage "Vietnam, Inc." sur la guerre du Vietnam, et ancien président de l'agence Magnum, a récemment publié un livre exceptionnel sur les dégâts de l'Agent Orange au Vietnam et au Cambodge : "Agent Orange, Collateral Damage in Viet Nam", édité par Trolley, Londres. Depuis 1980, Griffiths s'est rendu plus d'une vingtaine de fois au Vietnam pour photographier les victimes de l'Agent Orange.
Il y a 30 ans, la guerre du Vietnam s’achevait.
30 ans après, des familles entières souffrent encore des effets de la guerre chimique américaine menée entre 1961 et 1971.
Plus d'un million de personnes souffrent de maladies graves, de cancers et de handicaps suite aux épandages de défoliants et d'herbicides, en particulier l'AGENT ORANGE contenant de très fortes quantités de DIOXINE.
200 000 enfants forment une troisième génération de victimes atteintes de malformations et de dysfonctionnements graves du système immunitaire et nerveux, dues à la contamination de l’environnement par ces armes chimiques.
30 ans après, le Viêt-nam connaît des jours meilleurs mais certaines familles n’ont toujours pas retrouvé la paix.


1 > Qu'est-ce que l'Agent Orange ?

C'est l'herbicide le plus utilisé par l'armée américaine durant la guerre du Việt Nam. Les herbicides servaient à défolier les forêts (afin d'empêcher la guérilla vietnamienne de se cacher), à dégager les installations militaires et à détruire les récoltes ennemies. L'Agent Orange est en fait rose-brunâtre. Il doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les barils dans lesquels il était stocké. De même furent baptisés les Agents Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.

2 > Pourquoi l’Agent Orange est-il dangereux pour l’homme ?

Deux tiers des herbicides utilisés pendant la guerre du Việt Nam, notamment l'Agent Orange, contenaient de l'acide 2,4,5-T pour ses capacités de défoliation. Or les procédés de fabrication industrielle de cet acide étaient tels que l'acide produit était contaminé par des doses plus ou moins fortes d'une substance extrêmement toxique : la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD).

3 > Combien de dioxine a-t-il été déversé au Viêt Nam ?

La quantité de dioxine variait selon les herbicides. Selon les dernières estimations [1], entre 1961 et 1971, l'armée américaine aurait à elle seule déversé près d’une centaine de millions de litres d’herbicides contenant plus de 300 kilos de dioxine TCDD, sur des centaines de milliers d'hectares, dans le sud et le centre du Việt Nam principalement, mais aussi au Laos et au Cambodge. Or les normes internationales fixent les seuils de dioxine à ne pas dépasser par personne en millionième de millionième de gramme.

[1] J.M. Stellman, S.D. Stellman, R. Christian, T. Weber et C. Tomasallo, "The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Việt Nam", Nature, Volume 422, Avril 2003.

4 > Quels sont les effets de la dioxine ?

La dioxine est une substance cancérigène et tératogène (produisant des malformations chez les nouveaux-nés). Elle provoque des maladies de peaux, et porte atteinte au système immunitaire, reproductif et nerveux.

5 > Combien de personnes ont-elles été touchées par les herbicides au Viêt Nam ?

Selon les dernières estimations[1], de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens ont été directement exposés aux herbicides entre 1961 et 1971, auxquels il faut rajouter un nombre inconnu de Cambodgiens, de Laotiens, de civils et militaires américains, et de leurs divers alliés australiens, canadiens, néo-zélandais, sud-coréens. Mais le nombre total de victimes va sans doute au-delà car la dioxine se transmet par contamination de la chaîne alimentaire : lait maternel, lait de vache, consommation de viandes ou poissons contaminés.

[1] J.M. Stellman, S.D. Stellman, R. Christian, T. Weber et C. Tomasallo, "The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Viêt Nam", Nature, Volume 422, Avril 2003.

6 > Qu'est-ce que l'opération Hadès ?

C'est le nom originel de l'opération américaine de défoliation par voie aérienne au sud du Viêt Nam, qui fut ordonnée par la présidence Kennedy en 1961, et se termina en 1971. Comme le nom Hadès était trop "explicite" (Hadès, dieu des morts), il fut changé peu après en Ranch Hand (« ouvrier agricole »).

7 > Les Etats-Unis ont-il admis leur responsabilité pour les dommages causés par les herbicides au Viêt Nam ?

Non, ils réfutent toujours toute responsabilité, et n'ont jamais versé le moindre centime aux victimes vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes de l'Agent Orange et autres herbicides.

8 > Les victimes de l'Agent Orange ont-elles porté plainte ?

Les vétérans américains victimes de l’Agent Orange ont porté plainte contre les fabricants de l'Agent Orange, car ils n’avaient pas le droit de poursuivre le gouvernement américain. En 1984, ces fabricants ont signé un accord à l'amiable avec les associations de vétérans : en échange de l'arrêt de toute poursuite, les fabricants ont versé 180 millions de dollars à un fonds de compensation aux vétérans américains victimes de l'Agent Orange. Début 2004, l’association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange/dioxine a porté plainte contre les fabricants de l’Agent Orange. Les deux principaux fabricants sont Monsanto et Dow Chemical.

9 > Et aujourd’hui ?

Trente ans après la fin de la guerre, les symptômes liés à la dioxine sont toujours présents au Việt Nam, et il reste une quantité non négligeable de dioxine dans certaines zones très localisées. On compte aujourd’hui trois générations de Vietnamiens touchées par les herbicides.


10 > La dioxine, un problème mondial ?

La dioxine n’est pas un problème qu’au Viêt Nam. En effet, plusieurs activités industrielles courantes produisent involontairement de la dioxine, notamment la combustion d’ordures ménagères et le blanchiment de pâte à papier. L’accident industriel de Seveso en Italie (1976) peut témoigner des dangers de la dioxine dans le monde entier.
Kim Vo Dinh
Collectif Vietnam-Dioxine

 

CV   

 

Ex-président de la prestigieuse agence MAGNUM.
Né à Rhuddlan, au pays de Galles en 1936. Au cours de ses études de pharmacie à Liverpool il est employé à mi-temps comme photographe pour le Manchester Guardian, et plus tard contacté par le journal The Observer. Il couvre la guerre d’Algérie en 1962, puis la plupart des conflits majeurs à travers le monde. Son livre Vietnam, Inc., publié en 1971 et réédité par Phaidon, est reconnu comme ayant joué un rôle charnière dans le retournement d’attitude des Américains vis-à-vis de cette guerre. Agent Orange, « Collateral Damage » in Viet Nam, publié par Trolley, dramatique réquisitoire contre le terrorisme d’Etat, est l’épilogue de ce travail remarquable. Il reflète son engagement et sa compassion pour les victimes, sa solidarité avec le peuple vietnamien.

 

SITE INTERNET   

 

Le travail de PHILIP JONES GRIFFITHS  sur l'agent orange

http://www.digitaljournalist.org/issue0401/griffiths_warning.html

 

L'éditeur de PHILIP JONES GRIFFITHS  :  Agent Orange: "Collateral Damage" in Viet Nam

Collectif Vietnam Dioxine

http://ww.vietnam-dioxine.org