ROBIN MARCK

" Les bistrots "

 

 

 

 

 

L'ARTISTE ET SON OEUVRE  

 

« Café, bistrot, troquet »
Une ville, un endroit, un trottoir, une devanture, un taulier, un verre, une tasse à café, une heure.
L’heure, le temps, la pluie ou le soleil, des âmes.
Un sucre, une cuillère, puis touillez l’espace temps, bien le mélanger avec l’atmosphère et l’ambiance.
Car c’est de lui dont je parle ; l’espace temps et son grand bouillonnement tourbillonnant comme une cuillère dans une tasse à café.
Son dérèglement absorbe le corps en se donnant à l’instant présent.
Dans une forêt aux lignes droites faites d’un parterre et d’un plafond, d’un bar et son mobilier, le subjectif et l’objectif se mêlent pour associer le possible au fantasme.
Temps, corps et esprit vont dans le même sens, en trinôme, dans cette forêt de l’absorption.
Laissez-moi vous raconter des cafés. Laissez vous parler de lieux communs, d’endroits ouverts au public tenus par des gens, pour des gens. Pensons à des places où tout se passe, le beau et le dur, le passé et le futur.
Ne vous y trompez pas, tout se passe là-bas. Les histoires se font et se défont et les chemins de la vie passent et s’entrelacent.
Les voyez-vous méditer, ces gens, dans le grand fracas de silence qui tresse le rêve à la réalité ? Ou êtes-vous déjà en train de les observer ?
Leur cœur bat au rythme de l’espérance naissante, le temps d’un coup, le temps de lever un récipient de liquide… et de la reposer dans une boîte à rêverie.
Certains en sont accros. C’est le bal des habitués qui viennent se recueillir pour s’encourager.
Là-bas, dedans, c’est la fatalité qui est plus douce, la condition moins ingrate, le sac de l’existence moins dur à porter et les casseroles que l’on traîne moins bruyantes.
Dans ces antres à liquide, le bleu devient jaune et le gris devient rouge ou blanc. Les idées noires fondent en mousse ambrée.
Le lever de coude, sport pour certains, loisir ou distraction occasionnelle pour d’autres, brasse les cartes de l’existence.
Le café noir est contre les castes, le café au lait pour tout le monde.
Car le café, qu’il soit tabac, station-service ou épicerie, qu’il fasse presse ou boulangerie, qu’il soit mutant ou androgyne, n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est équitable.
Tout ça, c’est que des histoires. Tout ça, on a envie de le voir. Tout ça, on a envie de le boire. Tout ça c’est que des histoires de comptoir.
 

 

CV   

 

Né à Saint-Denis de la Réunion en 1977, il grandit en Haute-Savoie. 1998 : études en communication à l’Université de Montréal. Il réalise ensuite de nombreux voyages : Australie, Grèce, Espagne, Italie, Tchécoslovaquie, Etats-Unis… En 2005, il expose ses photographies sur Les métiers du bois à Ugine, en Savoie. Depuis 2005, il réalise un projet photographique sur la France rurale oubliée et son ambiance fantomatique.